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philosophie instants

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7 mars 2010

L'être de l'homme

De ce qu’il en est. L’homme se tient dans la fascination de l’objet de son désir ; il s’aveugle structurellement ; il suit en cela la nécessité naturelle ; elle lui donne les causes largement suffisantes, mais ça n’est pas cela l’effet structurel ; il tient en ce que se mobilise toutes les perspectives en une seule réalisation qui tient de par soi ; cad qui ex-siste. L’ex-sistence, c’est l’unité interne de l’objet ; cette unité dont on ne voit jamais le bout du tunnel ; parce que l’unité d’un objet est sa composition, sa multiplicité (diverse) et sa pluralité (ordonnée), et qu’outre ces schèmes, cette unité n’est pas. Aussi est-on considérablement surpris lorsque cette unité s’avère être une tromperie, un mensonge ou une illusion ; cad en fait une simple partie de ce que l’on supposait être un Tout réel et agissant.

Le mensonge, l’illusion ou la trahison s’affecte de simple partie du tout, en ceci qu’illusion ou mensonge ça se réduit à un simple être composé, qui éloigne définitivement l’objet de son secret, de ce tout agissant et réel qu’il paraissait être, que l’on supposait qu’il soit.

Pourquoi estime-t-on le tout comme Un et réel et agissant ?

Parce qu’on lui suppose une unité réfléchie. Susceptible de compréhension ; d’être comprise ou de nous comprendre. Etant entendu que l’être de l’homme n’est pas le désir, mais le savoir. Que ce savoir est sa plus profonde expression. Il est donc aperçu dans le monde, un objet qui satisfasse ce savoir possible.

La philosophie sait localiser le dit savoir ; elle est la compréhension de cette capacité même ; et ne peut être trompée par un objet quelconque ; elle ne peut que s’illusionner elle-même, mais dans la disposition cependant de ses processus critiques ; et elle fût dès le début ce processus même de doute radical.

Elle localise le savoir dans ses formes possibles, mais l’individuelle conscience de soi peut tout à fait s’enliser dans le désir d’un objet du monde qui agglomérerait le savoir-être ; en ceci ; que l’individualité est un corps, et qu’elle sous-entend toujours que le savoir soit à l’identique ; cad un corps et donc le savoir intégral de ce corps ou à tout le moins son unité ; laquelle pour chacun est cachée. Cachée parce que le corps ne dispose en fait d’aucune unité ; il est un assemblage (qui ayant à répondre à quantité d’informations, est une unité de totalités) ; mais l’esprit ne peut que supposer que cet assemblage ait une unité « en soi ».

Il apparait clairement que l’unité en question, c’est celle de l’esprit même ; il n’y a pas d’unité ailleurs pour l’esprit du savoir que l’esprit lui-même ; et encore, ceci en de certains sens très précis.

Aussi tout désir déporté dans le monde peut certes parvenir à quelques finalités, mais non pas remonter jusqu’à la connaissance de soi en tant qu’il est structurellement le Savoir même. Lequel « soi » n’est nullement évident ; il est en cours de création parce que d’expression.

La primauté de l’expression tient en ceci ; ce qui est dit, fait-être l’être de l’homme.

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20 février 2010

La philosophie dans l'ensemble pensable de la réalité

Sans explication ; ce qui nous est le plus naturel, le moi, la personnalité, la personnalisation, est l’effet et le résultat de l’universel ; qui se crée philosophiquement comme étant l’idéal humain du Savoir. La réalisation concrète de l’universel n’est pas l’Etat, hégélien, mais le vécu d’une personnalité humaine ; en tant que tel cela s’est installé si universellement et naturellement, qu’il a légitimement conformé un monde à soi. Ce qui constitue l’acquis historique dont précisément les pouvoirs tendent à démonter, abaisser, détruire, exploiter, manipuler, contrôler tous les flux.

Il ne peut s’agir en aucune manière de remettre en question la légitimité historique (cad ontologique) des personnalités libres et créatrices de leur vécu ; en ceci, l’hypothèse communiste ou toute organisation sociétale qui réduirait l’ampleur du vécu, lié à lui-même, est exclue ; le vécu est littéralement le lieu de la réflexion. Cad qu’il ne peut exister de compréhension supérieure si tout un chacun, tout-un-chacun comme concept en somme, n’y prend pas part active.

La question est donc de déterminer ce qui s’affronte et se réalise ou se nie et se renouvelle dans l’unification du vécu. Le grand mensonge est que ce vécu disposerait d’une essence close, fermée sur elle-même ; alors que tout démontre que cette essence est multiple et susceptible d’un devenir. C’est cette plasticité qui interroge finalement notre identité certes personnelle, mais fondamentalement humaine ; on ne sait pas jusqu’où l’humain peut s’étendre. Ce qui est poursuivi est essentiellement le degré d’organisation qui peut être réalisé et son épaisseur ; entendons par son épaisseur, sa densité et son augmentation et son approfondissement. En quoi consiste l’humanisation qui prit ce chemin absolument nécessaire de la personnalisation ?

C’est qu’il s’agit de soulever le poids extrême de la réalité ; ce qui vaut pour la science et la technique vaut également pour la détermination humaine de l’humain.

Rappelons que c’est au sortir de la Parole comme institution majeure et déterminante que s’est refondée l’essence de l’homme ; quittant la Parole (et donc la totalisation du monde tel que donné immédiatement mais repris dans l’ensemble des échanges sensés et partagé en tant que sens), c’est la rationalité qui prend en charge d’une part le langage et d’autre part la transmission.

Ceci au travers d’une technique absolue ; l’écrit.

L’écrit est ce qui brise la transmission et autorise la formulation de soi comme interface généralisée de toute parole transformée en signes. Le signe est le résultat de l’écrit ; mais il s’inscrit en chacun ; de sorte qu’il permet de lier en rapport non plus « ce qui se dit » entre tous, (et auquel cas le collectif fonctionne comme traitement de l’information, ce qui est exprimé est collecté et confronté) mais ce dont chacun est le témoin et l’acteur.

Il s’agit donc d’une sortie du monde tel que donné et tel qu’il pouvait être compris immédiatement dans simplement le langage en activité sans que sur ce langage parvienne une réflexion.

Mais alors s’est dressée la problématique cruciale ; si le langage est réfléchi, littéralement, c’est sur quoi ? En rapport à quoi ?

Puisque ce qui se pose comme question est la fondation voulue, volontaire, décidée, objective de ce qui dans la Parole était simplement orchestré par la pratique commune dans un monde accepté tel quel. Dans l’écrit, dans la technologie mentale associée, dans la réflexion, on entend mettre en œuvre consciemment un par un ce qui est dit, ce qui est transmis, ce qui est pensé, et de calqer la pratique sur cette mise en œuvre distante.

L’ensemble du dispositif est décrit philosophiquement de A à Z par la philosophie elle-même au travers de son historicité (il s’agit d’un Savoir sinon accumulatif du moins d’un savoir approfondissant) ; le plan sur lequel s’exerce ce dispositif (de connaissance volontaire du monde qui n’est plus « un monde particulier issu de pratiques communes » mais « le monde tel qu’en lui-même ») est exposé diversement tel qu’il peut être exprimé par un esprit cohérent et ayant à charge de disposer au-devant de soi une cartographie temporelle, spatiale mais surtout métaphysique ou-puis ,ontologique de ce qui est. Tel quel.

7 février 2010

Tour de table philosophique

De la philosophie qui bascule de l’autre côté du monde ; le seul discours humain, organisé, qui passe outre le donné et l’inscription dans le donné ; quel qu’il soit ; celui du vécu propre à chacun, de sa sociétalité particulière ou de sa culture particulière.

Du vécu, on extrapole le sujet. De la sociétalité, on extrait l’universel. De la culture, les expressions en deviennent la fonction monde.

Hors donc de la psychologie, des groupes ou des symboliques.

Reste ; le sujet, le signe et le monde-même.

Soit ; l’art, les sciences, la philosophie ; des systèmes de signes qui manifestent les présences du monde-même pour n’importe quel sujet.

La théorie du sujet est l’effet et les résultats même de la philosophie ; au sens où citoyen, individualité ou conscience de soi sont les résultats historiques d’une combinatoire culturelle spécifique (et non pas particulière réservée à telle ou telle culture).

Dans ce chamboulement, les mois, qui sont l’existence effective, historique, du sujet dans ce monde, sont effroyablement perdus ; tout leur être est encore soudé dans le symbolique, le groupe, la parole, le donné et le spontané ; mais le sujet, duquel ils tiennent leur unité (dans la reconnaissance constitutionnelle ; citoyen ; constitutive ; individualité personnelle culturelle ; constituante ; le vécu et son destin), le sujet ne cesse de les exporter bien au-delà de leur simple vie.

La simple vie est ce qui aimante, alimente, finalise tout vécu si celui-ci ne s’est pas voulu lui-même activement. Si il se veut activement, ce vécu doit se dire ; s’exprimer dans des systèmes de signes ; te en tant que tel retrouve comme sujet réel ce qui le constituait comme sujet passif (constitutionnalité imposée dans cette sociétalité qui est la nôtre.

Devenir du passivement reçu, à l’activement voulu, impose que tout-un-chacun prenne la forme de sujet ; via l’art, et la culture, la science ou la philosophie, mais aussi via les formulations politiques ou morales de l’engagement.

Il apparait clairement alors que si l’universel, le sujet, est bel et bien actif, ça ne se fait pas sans le devenir du statut des tout-un-chacun. En somme du salarié, formule contemporaine du fameux prolétaire.

27 janvier 2010

Un + Un = Un

La philosophie n’est absolument ce que l’on croit ; il ne s’agit en aucune manière de résoudre les réalités à une unité close. La philosophie a inventé ou plus exactement promu le Un comme idéal, mais cela ne peut pas être entendu comme le Un qui résumerait tout. Ça n’est pas le rouleau compresseur ; c’est ensuite seulement que, peut-être, des dogmatismes ou de certaines philosophies officielles, en usent à d’autres fins que philosophiques ; sociétales essentiellement ou sectaires.

Mais de par lui-même, le Un n’est pas l’objet tel que désiré par la philosophie, mais est l’outil qui permet de déplier les réalités ; depuis que la philosophie lance le projet, il n’y eut jamais autant de réalités reconnues dans leurs unités propres. Quelles que soient les déclarations et prolégomènes de toute pensée (de l’arbre de toute science au savoir absolu) , de toute œuvre, ce qu’il faut noter, c’est le résultat de toutes ces avancées ; de ce que l’on définisse que le Un c’est ceci ou cela, il en résulte que l’on expose tout à la contradiction et donc à exprimer encore et ailleurs et autrement d’autres manières d’y être, engendrant la multiplicité.

Le un est ce qui brise la parole ; sa forme exacte est l’écrit ; ne s’adressant à personne en particulier, l’écrit est de fait universel. Il faut donc apposer côte à côte la parole qui est tout, qui parle-tout à quelqu’un en particulier liant des échanges et globalisant, calculant les échanges d’une communauté donnée, au Un qui écrit. En fait au Un qui dispose de signes en système cohérent et qui tient de par soi ; mais à cette condition ; que le dit système soit en accord non avec une expérience humaine partagée (qui trouve toujours sa synthèse dans la transmission et non dans la véridicité) mais avec l’expérience du monde même.

Ce qui implique donc que l’individualité, la séparation, la division selon le Un, c’est cela qui fait-exister le monde pour nous. Un monde qui n’est pas pris dans l’échange global ; mais qui de ce fait permet la multiplication indéfinie des échanges , froids, extérieurs, non sensés, qui ne se pensent plus globalement (comme la parole anthropologique pensait globalement toute la réalité).

Le un est en l’écrit, ce qui pousse à l’exigence ; que les signes d’un système cohérent élaboré individuellement (esthétiquement, éthiquement, législativement, mathématiquement, conceptuellement, etc) que ces signes soient tous, séparément, uns.

Or il se trouve que le Moi, psychologique, ne sait pas exister selon le Un ; il est encore selon la Parole.

17 janvier 2010

Le Un philosophique contre la totalisation humaine

La philosophie invente donc le Un. Envers et contre toute totalisation.

De ce fait l’écrit acquiert son véritable statut ; il brise la parole et rend vain toute transmission qui ne serait que parlée ; ce qui est parlé demeure cependant comme mémoire en tout autre ; cette mise en relation de tous dans la parole formalise ; de soi inclut l’universel ; n’est retenu que ce qui est avalisé par tous ou par un groupe. Mais dans ce cas, qui est énorme et qui a travaillé l’humanisation durant des millénaires, depuis l’invention du langage, ça n’est pas seulement ce qui est dit qui est mis en scène ; c’est l’ensemble ; la situation, le corps, les comportements, les possibles, les passés, les échanges, la représentation de soi et du monde, des autres pour eux-mêmes et des autres pour soi-même ; etc.

La parole synthétise directement et forme un cercle complet ; pour comprendre ce que l’autre dit, il faut déjà le savoir ; un minimum ; c’est cela la communication ; on sait ce que l’on entend, on entend ce que l’on dit (dans l’oreille de l’autre). La communication s’établit dans un ensemble déjà formé. Et en ce sens, l’autre nous parle puisque nous parlons également l’autre.

L’écrit déploie une toute autre pratique ; on ne sait pas ce qu’il va dire. Le texte forme à lui-même la situation, l’échange, le comportement, etc ; un tout ignoré. Il signifie à partir de soi et donc, pour tenir, se doit à une cohérence exigée ; si le texte ne comporte pas sa situation, il s’inclut simplement dans la parole en général. S’il ne comporte pas son ensemble, il doit être appris.

La brisure que comporte l’écrit est effet de l’universel ; l’universel n’est pas la résolution de tout dans l’Un ; philosophiquement on dit vouloir le Un (l’idée des idées, l’universel complet, la pensabilité unifiée), mais en réalité, de manifester que du Un il doit exister, implique que le Un est en soi ; cad séparé de tout le reste , séparé des non-uns ou des uns subsumés ; le bien subsume la morale, mais le bien ne peut l’être sans être vrai ; et le vrai ne peut pas être incompréhensible, mais défini , et donc selon le Un. Etc.

De vouloir manifestement le Un, ça le rend impossible (comme totalité mais aussi comme Un des divers uns qui parsèment et qu’il engendre, lui, le Un) ; ce ne seront jamais que des Uns séparés. La question est donc la plus difficile qui soit ; si le Un n’existe pas (qui puisse former une totalité ;  de même : si je ne suis pas une personne Une, mais un bricolage), et que le Un, comme principe (en remplacement du Tout) provoque des uns innombrables, qu’est-ce qui lie ?

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4 janvier 2010

Mini anthropologie

Soit donc l’unitotalité ; la totalité du monde, de la réalité, du vécu, en tant que cette totalité est parlée par et pour tous dans une culture symbolique (partagée), qui fait sens à propos de toute réalité, et est échangée entre êtres humains ; en vue d’une action ou activité concertée et comprise adéquatement par tout un chacun. L’impératif en est la transmission égale.

Soit par ailleurs l’uni-totalité ; totalité brisée indéfiniment par le Un. Le Un casse toute parole continue et fait lui-même figure d’événement et de possible au sein de la parole et décomposant constamment le langage.

Les sociétés humaines anthropologiques vivent selon la première logique ; le langage subit l’impératif de transmission ; la vérité est égale à la réalité ; laquelle est ainsi échangée, transmise, agie ; ce qui est fondateur, c’est la transmission elle-même ; au détriment des événements (que la parole tournante résout) et du possible (que la parole canalise et réoriente). Cela fait Sens dans la mesure où la parole permet d’élever continuellement le désordre et le particulier, le multiple et le catastrophique (la mort par ex) dans l’expression ; de permettre malgré toutes les péripéties qu’il y ait un avenir, cad un échange possible ; et qu’ainsi se continue la nature humaine dans le monde tel quel.

Les sociétés universelles vivent selon la supériorité reconnue de la réalité sur n’importe quelle vérité.

La vérité n’est plus entendue comme intérieure à l’expression humaine du monde dans un groupe, (en ce groupe chacun renvoie aux autres la réponse adéquate et apprise à n’importe quelle question, étant entendu que la série des questions est connue entièrement) mais comme adéquation à la chose, à l’objet, à la loi en soi, mais aussi à l’autre comme rival ou concurrent, de même qu’à soi-même comme autre que soi.

Dans l’universel, tout est séparé ; cad que toute réalité subit la loi du Un ; chaque chose, chaque individu est distinct ; il ne convient pas de nommer une réalité dans le flux de la parole ; mais de stopper l’identification ; de l’extraire du monde. Cela suppose que le Un soit bel et bien marqué ; mais comme nous n’avons aucune saisie véritable du Un de cette chose, on ne peut l’identifier que si on le découpe et l’organise abstraitement ; on le décompose en éléments qui sont des signes puis on en produit l’unification. De par sa cohérence, cette unification tient réellement comme Une. Mais elle se tient seul ; le Un de l’universel n’est pas le Un total, le tout.

Le tout n’est connu que comme parole complète partagée ; dès qu’il est brisé par le Un (qui s’inscrit dès lors en toute réalité, qui inscrit activement toute réalité comme séparée), la parole ne peut plus se fermer sur son propre déroulement et la communauté ne pense plus comme une communauté.

18 décembre 2009

La vérité n'est pas la réalité

    Il faut dire « c’est la vérité », parce que le fait, le simple fait de l’individualisme, soit de l’ego,     prétend déjà remplacer toute vérité par son état de fait ; moi, qui suis moi, je suis.  

 

    Il n’est pas dit que l’ego ce soit cela. Sauf d’être accepté comme loi et loi intime en tant que ce moi-même est la seule référence qui puisse se profiler à l’horizon pour qui que ce soit ; parce que tout un chacun est largué dans le monde sans aucune réflexivité proposée ; si les bases et les statuts sont effectivement posés, (comme citoyen, droits, devoirs, civilité, culture minimale, etc), tout ce matériel n’est qu’une vague propédeutique qui n’a fondamentalement que peu de rapport avec la tenue dans le monde ; avec le comportement réel et ses ressources effectives.  

 

    En réalité le comportement de l’ego dans le monde s’il se sert des acquis de l’universel repose en une autre fondation ; elle a pour but de gérer le vécu d’une part et la prévision d’autre part. La multiplicité, la multi dimensionnalité, les pluralités du vécu ; aussi ne s’embarrasse-t-elle pas de complications réflexives ; elle gère au naturel ; en une unification spontanée qui intègre les dimensions, mais ne se réfléchit pas soi ; et reste ainsi profondément étranger à ce qui par ailleurs le fonde historiquement dans ses statuts universels.  

 

    Le basculement a consisté à trouver sa vérité en tant que réalité ; l’universel, dans le monde, n’aboutit pas à un Etat, un droit, une culture universelle au sens classique ; elle aboutit à des vécus. Ce sont les individualités qui constituent la masse-même, le contenu, la réalité de cette vérité (qu’est l’universel). Cela revient à proposer la réalité vécue comme vraie ; cad qu’elle est légitime universellement pour tout un chacun sur terre ; chacun a le droit universel à un vécu autonome, et tous les sens de cette autonomie sont encore en développement, et tous les monopoles visent à assujettir cette autonomie, à l’encercler, à la circonscrire, manipuler, exploiter.  

 

    Mais si le vécu, nommons cela comme tel, est la réalité de l’universel (de l’Etat de droit et de l’individualité cultivé, éduqué), l’universel en est la vérité ; ce qui signifie que tout un chacun, bien qu’étant doté d’un vécu, est encore soumis à la vérité de son être. Il est, en d’autres termes, impossible de se soustraire à l’universel et de tenir seulement le vécu comme seul contenu, unique finalité et sens réel d’exister.  La signification en vérité de l’individualité n’est pas contenu par ce monde, par l’immédiateté et les objets du monde.  

 

    C’est pour contrebalancer l’énorme, l’infini impact de l’universel que l’individualité se coagule elle-même dans un vécu ; elle tente dans le même temps de définir ce que c’est que de vivre ; ce dont quantité d’humanités furent privées. Que cette définition en passe par l’individualisme parait ou on a pu prétendre qu’il s’agissait uniquement d’un carcan idéologique typiquement occidental ; il est bien clair que l’individualisme est fondé en vérité, certes, mais aussi en réalité ; ça fonctionne en un mot.  

 

    Reste que la vérité de cette réalité n’est pas encore absolument égale à elle-même ; autrement dit ; le concept « universel », qui commande l’Etat, l’identité individuelle formelle, le contrat comme médiation explicite, etc, est plus vaste que sa réalisation historique ; plus vaste même que ces universaux (contrat, Etat, démocratie, quelle démocratie et comment ?) qui sont issus de l’universel pur.  

 

    Or une fois posé la vérité, l’universel, réclame de se déployer ; de même qu’antérieurement à sa première réalisation historique, il cherchait à s’imposer ; dans un Etat démocratique, qui lui-même diversifia ses moyens ; qui sut également se traduire en une représentation à peu près adéquate (la société du spectacle comme on dit, créer une culture propre et mondiale, une densité du vécu lui-même ayant à s’inventorier en propre, etc) et traduction qui le fascine puisque c’est de son essence, de son être en propre dont il est question.  

 

    Rien n’est donc au hasard ou livré à la seule contingence ; il est une logique historique qu’entame l’universel et qui pousse à la réalisation ; comprendre ce que c’est que l’universel et particulièrement comme celui-ci forme abstraitement ce qui concrètement se crée des contenus (individuels ou relationnels, organisationnels ou essentiels), c’est dénoyauter dans l’époque elle-même ce qui agit au travers de l’historicité, au travers de l’humanisation ; il n’est pas vrai que ce soit seulement un devenir du monde donné naturel, c’est une structure qui peine et qui travaille à se mettre en place. Par quoi la réalité commence de se joindre la vérité.   

16 décembre 2009

Du libéralisme sans universalité

Toute la gestion de la puissance productive tient donc dans la sidération d’un « donné ». Une nature humaine.  Laquelle nature humaine est définie dans la limitation d’un égoïsme de fait ; que l’ego soit égoïste, oui, mais est-ce une limite ? C’est le tour de force théorique qui nous impose qu’au-delà de la naturalité (de tout être humaine donné) il n’existe qu’une seconde nature, qui parvient à peine à se surimposer à/en la première …

Or ne sait-on pas que si nature il y a, en chacun, mais tout autant comme « monde », (en quoi notre nature trouverait évidemment, si évidemment sa correspondance, ses objets, comme l’homme, la femme , et réciproquement, son équivalence à la fois réelle et idéellement si bien et si convenablement différenciée), que si l’on sait cette immédiateté, il est aussi bien clairement distingué qu’aucune humanité n’existe spontanément et que tout donné est construit.

Cependant il ne convient vraisemblablement pas de considérer que cette construction soit purement idéologique ; subissant la critique marxiste ; on nous dit que l’ego libéral est égoïste … pour nous en convaincre. A quoi le marxiste substitue une définition universelle de la nature humaine et des besoins supposées et tous semblables ; il est bien certain que chacun, au fond, s’amuse, jouit, s’extasie de se différencier dans une société libérale d’abondance (alors même que cette abondance risque de se tarir). Cette jouissance est extrême ; comme jamais vu dans aucune histoire humaine.

On peut die, comme Debord, que la représentation mass médiatique, mais aussi consommatrice et industrielle, et informationnelle en général, se réjouit ; elle est la réjouissance de la différenciation totale que chacun est pour chacun et pour lui-même. Quand bien même cette distinction de tous pour tous est celle de chacun pour chacun ; et par quoi chacun est l’autre de lui-même… Dans ce dialogue effarant par qui l’on est « qui l’on est » en devenir, et qui se joue des autres différences de tout chacun dans un éparpillement absolu, complet, une dispersion continuelle ; que ce soit, l’apogée de l’histoire ne fait aucun doute.

Que cela soit dispendieux et déraisonnablement absurde, tout autant. Sans évoquer la fondation d’exploitation et de sur profit ; par quoi un système libéral capitaliste (financier comme on dit maintenant, ayant redécouvert d’un nouveau mot, une structure de fait originaire) tire profit non seulement de la puissance productive décuplée, mais aussi de la représentation intimement jouissante de cette prolixité.

L’ego des possesseurs est l’ego des jouisseurs ; et tous deux trouvent leur limitation dans leur limite ; que l’ego soit seulement « naturel » ; et que donc le profil de la jouissance, ce soit la nature, la nature humaine, le monde, les objets, les succédanés de choses.

Cependant ce qui fonde absolument l’individualisme, ça n’est pas la liberté, ni même la volonté ; c’est la vérité.

9 décembre 2009

Du dit capitalisme

Le capitalisme est bien ce qu’il parait être. Soit l’immense déploiement des dites forces de production ; coagulation de la technologie et de la capacité organisationnelle (laquelle est rendue possible par l’éducation et le caractère extrêmement discipliné des individualités ; ce qui est au fondement de leur personnalité, cad de ce mouvement historique de personnalisation ; c’est un processus et non pas un « état de fait »). Il en résulte une puissance de production décuplée ; la question devrait être ; comment ordonner et coordonner cette puissance de telle sorte qu’elle ne se perde pas, ni ne soit laissée à elle-même, s’abimant dans des séries de finalités qui surgiraient « spontanément » de « besoins » si évidents qu’ils n’auraient pas à être interrogés plus avant.

Ce manque de concertation, ce consensus jamais entamé, cette para évidence fondatrice (on se demande comment ce qui ne fût jamais était interrogé, puisse être considéré comme fondement de quoi que ce soit) marche de pair avec la légitimation pseudo historique d’une instauration à jamais figée de ce contrat social inachevé.

Ainsi il suffit apparemment de se tourner vers la conception des « droits de l’homme » inscrits dans le marbre, pour légitimer un « état inerte »  validant toutes les finalités humaines dont se nourrit l’économisme et la technocratie ; les « sciences » se sont installées dans la contemplation passive de « ce qui est en l’état où on le trouve » ; il n’est aucun réformisme réel à considérer comme « naturelles «  les nécessités acquises ou spontanées. La politique de son côté est au mieux un commentaire averti des constitutions. L’ensemble repose sur une « nature humaine » approuvée comme définitive, en soi, qui peut à la rigueur se parfaire, mais supposée telle quelle, dans un « c’est comme ça, ma pov dame » ; un fatalisme et un quiétisme gouvernent la conservation du même monde clos.

C’est dans l’interrogation de cette prétendue nature humaine que l’on doit creuser ; en cette fausseté d’évidence se dérivent toutes les finalités parfois réelles, et parfois fictives, voir erronées, et encore mensongères qui orientent l’ensemble de la puissance productive ; dans la quasi-totale inconscience.

Autrement dit on produit, disons, à 50% en pure perte et inutilité. Validant a posteriori et à rebrousse-poil cette productivité technologique et organisationnelle selon les divers totems contradictoires de produit intérieur brut et autres inconséquences majeures. Et finalement on travaille afin de travailler ; comme si cette courroie de pur et simple enroulement se validait de soi seule. Ça s’enrichit, que l’on dit, mais enrichit en quel sens ?

Il est bien évident que face au concept de puissance productive générale, il en est un autre ; la richesse ; dont l’équivalence compréhensive et compréhensible, par tous, n’existe nulle part et n’est jamais nommée. Et pour cause … si face à la puissance productive était nommée le concept de richesse au sens fort, ca complet et intégral ; il faudrait passer outre que dans notre saisie immédiate (qui n’est qu’à peine une pensée) la « richesse » nous semble par nature appartenir exclusivement à quelques-uns … Tandis que le concept accentué de richesse (d’une société humaine) se devrait unilatéralement se redistribuer non pas défaut (de droits dérivés et gagnés au coup par coup et modifiables au gré des « politiques »), mais positivement et en tant que telle ; cad produite de l’effort humain de tous. Et non en propriété exclusivement privée de quelques-uns.

Ainsi donc corrélativement aux concepts de puissance productive et de richesse, dans leur signification réelle et non pas traditionaliste, réactionnaire, se supplée le troisième ; celui de salarié. Que le salarié dans son statut même soit dépendant, est une aberration. Légalement et si il fallait réellement développer la logique du Droit (comme concept réel lui aussi et non pas comme validation après coup d’états de fait), le statut du salarié se devrait d’une augmentation considérable et qui redessinerait intégralement la stratégie générale de « l’économisme » en vigueur.

Mais donc il ne s’agit quasiment plus d’idéologie ; qui enfermerait l’humain, sa puissance productive, sa richesse générée, son statut de citoyen salarié, dans une pseudo image.

Il s’agit de l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d’assigner la puissance générative des sociétés humaines à/en des finalités réelles, efficaces, ayant non pas pour fondement l’exercice de notre « nature humaine immuable », mais ayant pour exact et très précise formulation ; que veut-on ou doit-on accomplir que l’on veuille vraiment ?

Il apparait si évident que la puissance humaine de production, mais aussi organisationnelle, s’est enfermée dans un circuit étroit et ridiculement étroit de gestion et de prévision ; elle ne sait pas quoi en faire, de cette puissance inventée.

Aussi tout s’est-il rabattu sur la gestion individualiste et pas même au meilleur sens de cet individualisme ; les finalités qui absorbent la puissance de production énorme, s’étiolent dans des fantaisies rigoureusement débilitantes ; elles puisent leurs raisons dans des causes mondaines, naturalistes, immédiates, fonctionnelles, psycho-rigides, basses et médiocres, voir mesquines et parfois fondamentalement mauvaises (d’auto destruction lentes ou aveuglées). Puisque dans cette zone là qui ne faut pas, jamais interrogée, il n’est nulle lumière de raison et de liberté qui prévaut ; raison et liberté sont elles-mêmes de pseudos argumentations passives et réactionnaires au plus haut point, qui n’engendrent rien ; qui ne créent pas de devenir suffisant. Suffisant ; cad qui puissent commencer d’ordonner et de conférer à la puissance productive et à celle organisationnelle, un devenir augmenté.

Faute de cette augmentation, le soufflet retombe dans la dégénérescence et la singerie de ses propres pseudos fondements ; la naturalité, la faiblesse et le désordre d’un multiple que l’on a pris pour notre richesse et notre liberté ; cad que tout cela retombe dans la mort.

 

4 décembre 2009

La psychanalyse et son autre

La psychanalyse repère ; elle fait fonction de repérage dans tout ce qui est dit ; dans le flot ; de paroles ou de signes.

Parce que si on parle « soi » en sachant ce que l'on dit, c'est uniquement ponctuel ; on parle de tel objet, mais sans porter attention à ce qui entoure le dire lui-même ; sans s'attarder sur le vocabulaire par exemple, ou aux gestes accompagnant.

Qu’il y ait quelqu'un qui écoute et on ne s'entend, soi, plus tel que l'on dit ceci ou cela, mais tel que cela sera reçu cet autre, ou par tel autre plutôt que tel autre ; et qui plus est lorsque l’autre est là pour seulement écouter ; puisqu’ainsi il ne répondra pas, on interrompt sa propre parole et l’on ne dit plus ceci ou cela, mais on est porté à se dire, soi. Mais ça résiste ; parce que se dire soi, on en est toujours Un et intact, mais dans l’incapacité réelle de l’exprimer ; c’est là où la vérité, que l’on énonce, est toujours limitée tandis que l’unité globale que l’on suppose dans tout énoncé, tombe dans la réalité ; c’est par l’ouverture à cette réalité que la vérité est inscrite ; ainsi l’énonciation de la vérité se déclôt dans la réalité et n’en est pas séparée bien que en elle-même, elle s’en croit telle.

Il est vrai que l’on ne demande pas au soi-même de se dire tout entier ; sauf que précisément, si il ne passait rien alors, peu importerait, mais d’être convoqué à se dire, tout soudainement, quelque chose vient ; advient, commence de se libérer de cela même dont on tenait le plus, qui nous réfrénait ou poursuivait ou qui nous aimait. C’est dans cet engouffrement même que tout se joue, et non seulement psychanalytiquement.

La vérité se déclôt parce qu’elle y est sans y être ; elle ne peut pas devenir réelle … et elle sera toujours perdue. On ne peut pas se nommer. D’où que l’on se « donne un nom », ou qu’il est porté ; une identité nominale simple.

Et l’on se situe, soi, sur cette simplicité ; dans la vérité mais non dans la réalité.

Or cette fonction, d’accorder une vérité à cette simplicité (de dire Je, quel que soit le « Je » par ailleurs), est une réalité ; (le mouvement s’inverse) ; sauf que cette réalité est formelle. Il se peut que cette formalité soit troublée par une identité ; au lieu d’opérer une sélection adaptée dans la perception, elle se réfère trop à une vérité ; laquelle puisque vague et éloignée, est difficilement, voir impossiblement recomposable ; parce que ce je en est, lui, la réalité, une réalité effectivement réelle , étendue et complexe,  bien qu’imaginairement il croit en être la vérité une  ; il est parfaitement clair que tout en étant la vérité, il soit aussi et avant tout la réalité de qui il est ; c’est que ce sont deux fonctionnalités séparées.

Ce même Je dans sa pure fonction, si il se tient à la limite, peut également découvrir qu’il est, lui, absolument accès au réel. Cad ne plus tenir d’aucune vérité. Il annule radicalement qu’il soit une identité ; il est toutes les identités. Il s’existe comme forme pure et simple ; mais ceci non sans précaution ; en se fixant une identité de surface pleine et entière ou qu’il prétend telle ; surface sur laquelle appliquer les signes.

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